« Des analphabètes qui ont la peau d’intellectuels » : Morissanda Kouyaté répond aux critiques sur l’électricité en Guinée

Le débat sur l’exportation de l’électricité guinéenne continue d’alimenter les discussions, alors que des difficultés d’approvisionnement persistent dans plusieurs localités du pays. Face aux ambassadeurs, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, a vivement réagi aux critiques portant sur la capacité de la Guinée à vendre de l’électricité à l’étranger malgré les problèmes d’accès à l’énergie sur son territoire.

Une réponse virulente aux détracteurs

Prenant la parole devant les représentants diplomatiques, le chef de la diplomatie guinéenne a défendu la situation énergétique du pays en évoquant les conditions dans lesquelles le président Mamadi Doumbouya a accédé au pouvoir.

« Quand le président Doumbouya a pris le pouvoir, il s’est retrouvé devant quoi ? Un pays sans électricité », a-t-il déclaré.

Le ministre a ensuite dénoncé les contradictions qu’il estime relever dans les critiques formulées contre les exportations d’électricité.

« Et il y a des Guinéens pour dire devant l’Assemblée nationale que la Guinée est exportatrice d’électricité, pendant qu’elle n’a pas d’électricité. Des analphabètes qui ont la peau d’intellectuels », a-t-il lancé.

Cette déclaration particulièrement virulente intervient dans un contexte où la question de l’accès à l’électricité reste une préoccupation majeure pour les ménages, les entreprises et les acteurs économiques.

Exporter de l’électricité tout en connaissant des délestages : le débat persiste

Au cœur de la controverse se trouve une interrogation économique et énergétique : comment un pays confronté à des difficultés d’approvisionnement peut-il simultanément exporter une partie de sa production électrique ?

En réalité, l’exportation d’électricité et les difficultés d’approvisionnement intérieur ne sont pas nécessairement incompatibles. Elles peuvent notamment dépendre des capacités de production disponibles, des infrastructures de transport et de distribution, des contrats commerciaux et de la gestion des réseaux électriques.

Toutefois, la question de la disponibilité effective de l’énergie pour les populations guinéennes demeure centrale.

Les propos du ministre n’apportent pas, à eux seuls, de précisions sur les volumes d’électricité exportés, les revenus générés par ces opérations ou les mécanismes de répartition entre consommation nationale et engagements extérieurs.

La question des retombées économiques reste posée

Au-delà de la confrontation verbale, le débat soulève un enjeu de transparence sur la politique énergétique nationale.

Les interrogations portent notamment sur les quantités d’électricité exportées, les recettes effectivement perçues par l’État, les coûts de production et de transport ainsi que les investissements nécessaires pour améliorer la desserte des ménages et des entreprises.

Pour les consommateurs comme pour les opérateurs économiques, l’enjeu demeure concret : transformer les capacités de production électrique du pays en un approvisionnement régulier, accessible et fiable sur l’ensemble du territoire.

La sortie de Morissanda Kouyaté relance ainsi un débat qui dépasse la seule polémique politique. Elle remet au centre de l’actualité la question de la cohérence entre les ambitions d’exportation énergétique de la Guinée et les attentes de sa population en matière d’accès à l’électricité.

SOW Telico

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