N’ZÉRÉKORÉ: LE PROCUREUR MOHAMED BANGOURA ARRACHÉ À LA VIE, LA JUSTICE EN DEUIL(TÉMOIGNAGE)


La justice guinéenne est encore en deuil. Le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de N’zérékoré, Mohamed Bangoura, a trouvé la mort dans un tragique accident de la circulation survenu très tôt ce mercredi 08 avril 2026, à l’entrée de la ville de Mamou, alors qu’il se rendait à Conakry.


La nouvelle a provoqué une vive onde de choc au sein de l’appareil judiciaire, notamment à N’zérékoré où il exerçait depuis seulement quelques semaines. Contacté par le correspondant régional de Conakryweb.com, le président du tribunal de première instance, Ismaël Nabé, n’a pas pu contenir son émotion.


En larmes, il a rendu un hommage poignant à celui qu’il considérait bien plus qu’un simple collaborateur :


« Feu Mohamed Bangoura était d’abord un collègue de promotion. Nous sommes issus de la même promotion dans la magistrature. Nous nous sommes retrouvés ici à N’zérékoré, lui comme procureur et moi comme président du tribunal. J’ai été profondément choqué par l’annonce de son décès ce matin. »

Très affecté, Ismaël Nabé a également évoqué les circonstances du drame, survenu lors d’un déplacement professionnel. Il indique avoir échangé avec un collègue présent au moment de l’accident, confirmant la violence du choc.

Malgré une collaboration de courte durée à peine deux mois , il garde le souvenir d’un homme d’une rare intégrité.
« C’était un collaborateur franc, sincère et loyal. Nous n’avons pas passé assez de temps ensemble, mais ce que j’ai découvert de lui m’a profondément marqué. Il était plus qu’un collègue, un frère. Les mots me manquent… »

Submergé par l’émotion, il a conclu par une prière empreinte de douleur :
« Je pleure du fond du cœur. Je prie Allah qu’il accorde le paradis à mon cher frère et collègue. »

Ce décès tragique laisse un vide immense au sein du Tribunal de Première Instance de N’zérékoré et dans toute la magistrature guinéenne. Une disparition qui remet en lumière la dangerosité persistante des routes du pays et le lourd tribut humain qu’elles continuent de coûter.

De N’zérékoré Gilbert Soro

Conakry web