Législatives du 31 mai : Tout comprendre du nouveau mode de scrutin expliqué par Djénab Touré

À l’approche du rendez-vous électoral du 31 mai 2026, la Directrice générale des élections (DGE), Djénab Touré, lève le voile sur la nouvelle architecture de l’Assemblée nationale. Entre hausse du nombre de sièges et introduction du scrutin plurinominal, la Guinée s’apprête à vivre une mutation profonde de sa représentation législative.

Un Parlement élargi : la nouvelle donne constitutionnelle

Sous l’égide de la nouvelle Constitution, le paysage législatif guinéen change d’échelle. Pour ces élections, ce sont désormais 147 députés qui siègeront au Palais du Peuple, contre 114 auparavant.

Cette augmentation vise une représentativité plus fine du territoire, incluant pour la première fois une architecture complexe divisée entre une liste nationale et une forte composante locale.

Décryptage : Uninominal vs Plurinominal

La grande nouveauté réside dans la répartition des 98 sièges pourvus au scrutin majoritaire à un tour (les deux tiers de l’hémicycle). Djénab Touré a détaillé les deux mécanismes qui régissent ce vote :

1. Le scrutin uninominal : la voix des territoires

Il concerne les circonscriptions où un seul siège est en jeu. La Guinée a été découpée en 50 circonscriptions électorales :

  • 33 préfectures à l’intérieur du pays.
  • 13 communes de Conakry.
  • 4 circonscriptions pour la diaspora (réparties par continents).

Sur ce volet, 94 députés seront issus du territoire national et 4 représenteront les Guinéens de l’étranger.

2. Le scrutin plurinominal : la prime à la liste gagnante

C’est ici que réside la subtilité de la réforme. Dans certaines circonscriptions importantes, plusieurs députés (de 2 à 5) sont à élire simultanément. Contrairement à la proportionnelle, la liste qui arrive en tête remporte l’intégralité des sièges de la zone.

  • Exemple : Si une circonscription dispose de 4 sièges, le parti arrivant premier rafle les 4 postes, ne laissant rien à ses poursuivants.

Liste nationale et échiquier politique

En complément du vote local, 42 députés seront élus au scrutin de liste nationale à la représentation proportionnelle. Ce mode de scrutin permet d’assurer une présence aux formations politiques ayant un ancrage national global, même sans victoire locale majeure.

28 partis sur la ligne de départ

Le processus de filtrage des candidatures a été marqué par un rebondissement judiciaire. Alors que la DGE n’avait initialement validé que 21 formations, la Cour suprême a ordonné la réintégration de 6 partis précédemment écartés. Ce sont donc 28 partis politiques en règle qui s’affronteront pour le contrôle de l’Assemblée.

L’analyse juridique : solidarité vs concurrence

Pour le juriste Mamadi 3 Kaba, cette structure électorale modifie le comportement des candidats :

Dans le scrutin de liste (majoritaire ou proportionnel) : Le vote est collectif. Cela favorise la cohésion interne du parti, puisque le succès profite à l’ensemble du groupe présenté.

Dans le scrutin de candidats (uninominal) : L’enjeu est individualisé. La compétition se cristallise sur la personnalité et l’ancrage local de l’individu, créant une dynamique de proximité plus forte, mais aussi une concurrence plus rude.

À quelques semaines du scrutin, ces clarifications pédagogiques de la DGE apparaissent essentielles pour éviter toute confusion dans les bureaux de vote le 31 mai prochain.

SOW Telico

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