Procès Elhadj Hassimiou Diallo : révélations explosives et accusations croisées au tribunal de Dixinn

Le procès des 16 accusés impliqués dans l’assassinat d’Elhadj Hassimiou Diallo a franchi une étape cruciale ce jeudi 30 avril 2026. Entre dépositions à charge, dénégations en bloc et allégations de torture, l’audience a été marquée par la confrontation tendue entre deux acteurs clés : Mohamed Soumah, alias « Passi », et Daouda Kourouma, dit « Dako ».

« Passi » à la barre : le récit d’une « course » qui tourne au braquage

Premier à comparaître, Mohamed Soumah a livré un témoignage accablant contre son coaccusé Dako. Selon sa version, il aurait été sollicité par ce dernier pour transporter un « client » à moto pour une course banale.

Une opération sous haute tension

L’accusé décrit une scène digne d’un film policier : après avoir suivi un véhicule jusqu’à la T10, il voit son passager rejoindre un groupe d’hommes cagoulés. « J’ai eu peur, je ne pouvais ni faire marche arrière ni utiliser mon téléphone », a-t-il confessé au tribunal.

À l’issue de l’opération, un sac contenant de l’argent lui est remis. Passi affirme avoir perçu 1 800 000 GNF pour la prestation, dont il aurait reversé 300 000 GNF à Dako en guise de commission, tout en lui signifiant son refus de réitérer l’expérience.

Stratégie de défense et preuves matérielles

Face aux questions pressantes du juge et du procureur, Passi a dû s’expliquer sur l’existence présumée d’une vidéo de surveillance filmée lors du braquage d’une vitrerie.

  • Dénonciation : Il soutient que c’est Dako qui l’a livré aux autorités.
  • Contrainte : L’accusé a affirmé que ses premières déclarations à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DPJ) ont été obtenues sous la torture.
  • Implication de Dako : Passi maintient que Dako était le cerveau logistique, lui fournissant même sa moto de travail, bien qu’il ne l’ait pas vu physiquement sur les lieux de l’attaque.

Daouda Kourouma « Dako » : la ligne de la dénégation totale

Appelé à succéder à son accusateur, Daouda Kourouma a rejeté l’ensemble des charges pesant contre lui. S’il reconnaît une relation professionnelle avec Passi, il la cantonne strictement au domaine du transport.

Un simple lien de « Taxi-motard »

Dako explique avoir acheté une moto pour Mohamed Soumah afin que ce dernier effectue des courses pour sa famille et lui reverse les recettes, une pratique courante au carrefour où travaillait Passi. Concernant les 300 000 GNF reçus, il affirme les avoir acceptés sans en connaître l’origine criminelle.

Absence de preuves visuelles

Interrogé sur l’attaque meurtrière contre Elhadj Hassimiou Diallo et le braquage de la vitrerie, Dako est resté ferme : « Je n’y ai pas participé ». Il a également souligné que la vidéo mentionnée durant l’instruction ne lui avait jamais été montrée.

Un procès aux enjeux multiples

Cette audience met en lumière la complexité de l’instruction où les « révélations » de l’un se heurtent systématiquement au démenti de l’autre. Les 16 accusés font face à des chefs d’inculpation extrêmement graves :

  • Assassinat en bande organisée ;
  • Détention illégale d’armes de guerre ;
  • Vol à main armée et recel.

Le tribunal devra désormais démêler le vrai du faux dans ce réseau présumé de malfaiteurs pour rendre justice à la famille d’Elhadj Hassimiou Diallo.

SOW Telico

Conakry web