N’zérékoré, le Front pour le développement de la Guinée (FrOndeg), une formation politique dirigé par Abdoulaye Yero Baldé, a officiellement annoncé son retrait des prochaines élections législatives et municipales. Une décision radicale que le mouvement justifie par de nombreuses irrégularités dans le processus électoral.
Interrogé, le coordinateur régional du FrOndeg en Guinée forestière, Cécé 1 Delamou, a vivement critiqué l’attitude de la Direction générale des élections, qu’il accuse de favoritisme.
Selon lui, le code électoral est ouvertement bafoué. Il évoque notamment l’article 157, qui interdit à tout président d’institution d’être candidat. Pourtant, affirme-t-il, le président du Conseil national de la transition (CNT) figure sur une liste électorale.
Il dénonce également la présence de candidats sur plusieurs listes, en violation des règles établies, ainsi que la validation de ces listes par les autorités compétentes.
« La loi ne s’applique pas à tous de la même manière. Certains sont favorisés, d’autres écartés », a-t-il déclaré.
Cécé 1 Delamou pointe en outre du doigt le traitement dont bénéficierait le Génération pour la modernisation et le développement (GMD). Selon lui, certains de ses alliés auraient vu leurs candidatures validées sans dossiers complets, contrairement à d’autres formations politiques.
Au-delà des irrégularités administratives, le responsable du FrOndeg évoque un climat politique profondément déséquilibré. Il accuse le camp adverse d’utiliser les moyens de l’État et de recourir à l’achat de conscience des électeurs à travers des dons matériels.
« Participer à ces élections reviendrait à cautionner un système où tout est déjà joué d’avance », estime-t-il.
Le coordinateur dénonce également des entraves dans l’accès à la justice, affirmant que certains acteurs politiques rencontrent des difficultés pour déposer des recours, notamment devant la Cour suprême.
Il s’inquiète par ailleurs de la rapidité avec laquelle certains leaders reconnaissent des résultats avant même leur proclamation officielle, y voyant la preuve d’un processus biaisé.
Face à cette situation, le FrOndeg dit avoir choisi de se retirer pour ne pas légitimer ce qu’il considère comme une « mascarade électorale ».
Malgré cette décision, le mouvement appelle ses militants et sympathisants au calme et à la responsabilité.
« C’est un combat pour la dignité et l’inclusion. Nous demandons à tous de rester sereins. L’histoire finira par nous donner raison », a conclu Cécé 1 Delamou.
Gilbert Soro Conakryweb.com