Kérouané sous tension: les travailleurs de Simandou descendent dans la rue et interpellent le président Doumbouya

Kérouané s’est réveillée dans une atmosphère électrique ce samedi 2 mai 2026. Au lendemain de la fête internationale du travail, les employés du Baowu Consortium Simandou (BWCS), en charge des blocs 1 et 2 du mégaprojet minier Simandou, ont investi les rues pour faire entendre leur colère. En toile de fond: l’application jugée défaillante de la convention collective des mines, carrières et industries assimilées, signée en février 2025 et entrée en vigueur en août de la même année.

Déjà, le 29 avril, les travailleurs avaient déposé un mémorandum rappelant que ce texte constitue désormais le socle légal encadrant leurs droits. Il prévoit notamment des hausses salariales, de meilleures conditions de travail et un renforcement des libertés syndicales. Mais sur le terrain, les grévistes dénoncent un décalage flagrant entre les engagements et la réalité.

«Nous sommes dans ce projet depuis 2019. Nous avons patienté jusqu’à la phase d’exploitation, mais aujourd’hui les employés souffrent encore», alerte Alpha Camara, président de la structure syndicale. Dans un ton grave, il appelle directement le président de la République à s’impliquer pour sortir les travailleurs de ce qu’il qualifie de « galère ».

Au-delà des salaires, les revendications sont multiples: révision de licenciements contestés, amélioration des primes de logement, meilleure qualité de l’alimentation et renforcement du transport du personnel. Les syndicats exigent également la mise en place d’un cadre de dialogue permanent avec la direction.

Pour l’heure, la direction de BWCS n’a pas réagi officiellement. Mais cette mobilisation pourrait bien marquer le début d’un bras de fer social, voire d’une montée des tensions dans les prochains jours.

Au-delà de Kérouané, cette crise met en lumière un malaise plus profond dans le secteur minier guinéen. Entre ambitions économiques et réalités sociales difficiles, la question du respect des droits des travailleurs s’impose plus que jamais comme un enjeu central du développement du pays.

Aliou Barry pour conakryweb.com

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