Ce vendredi 15 mai 2026 à Conakry, le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a réuni les hauts cadres de l’administration pour une session de cadrage stratégique. En officialisant les lettres de mission et les contrats de performance 2026, le chef du gouvernement a exigé discipline, transversalité et obligation de résultats, érigeant la nouvelle Constitution et le mégaprojet Simandou 2040 en boussoles absolues de l’action publique.

Une administration sous contrat de performance
Le vent du changement méthodologique souffle sur le Palais de la Colombe. Face aux cadres de l’administration et aux responsables des structures publiques réunis à la plage de Camayenne, le Premier ministre Amadou Oury Bah a sonné la fin de l’inertie. L’exercice du jour, axé sur la présentation des lettres de mission et des contrats annuels de performance 2026, marque un tournant managérial pour l’État guinéen.
Désormais, la culture du résultat est institutionnalisée. Ces documents contractuels feront office de principaux instruments d’évaluation pour chaque département. Le chef du gouvernement a été on ne peut plus clair : c’est le président de la République qui jugera, en dernier ressort, chaque ministère sur sa capacité à atteindre les objectifs gravés dans la loi-programme.
La Constitution comme socle transitoire et pérenne
Au-delà des indicateurs techniques, Amadou Oury Bah a tenu à donner une trajectoire doctrinale forte à l’action de son équipe. Il a rappelé que la nouvelle Constitution guinéenne doit impérativement servir de texte de référence dans la conduite des politiques publiques actuelles et futures.

Dans une perspective de stabilisation institutionnelle à long terme, le Premier ministre a insisté sur la pérennité de cette vision, déclarant : « Même s’il y a une alternance, les futurs gouvernements devront assurer le respect de la Constitution ». Une manière de lier la performance technique du moment à la durabilité démocratique de l’État.
Discipline et transversalité : le triptyque de la gouvernance Bah Oury
Pour rompre avec les lourdeurs bureaucratiques et les guerres de chapelles traditionnelles, le chef du gouvernement a invité ses ministres à cultiver trois valeurs cardinales : la discipline, la solidarité et la transversalité. L’avancement des projets nationaux ne peut plus souffrir de blocages interministériels. Pour Bah Oury, le succès repose sur une synergie d’action où chaque ministère devient le facilitateur – et non le frein – des initiatives de ses pairs.
Cette exigence de fluidité s’accompagnera d’un durcissement du suivi-évaluation. Le contrôle de l’exécution des projets publics sera désormais rigoureux, avec une attention chirurgicale accordée au dossier le plus stratégique du pays : le programme Simandou 2040. Sur ce point, le locataire de la Primature s’est voulu inflexible : « Ce qui doit être corrigé sera corrigé, ce qui doit être sanctionné sera sanctionné ».
L’administration s’engage à « bonne note »
Le message de fermeté et d’efficacité semble avoir été reçu par la haute administration. En témoigne la réaction de Youssouf Boudou Sylla, secrétaire général du ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.
Au sortir de cette session, le haut fonctionnaire a assuré que les cadres prenaient « bonne note » de ces nouvelles orientations. Il a réaffirmé l’engagement des équipes administratives à collaborer de manière franche et fluide avec les cabinets ministériels et les directions techniques. Objectif affiché : traduire concrètement sur le terrain les politiques publiques du pays, en parfaite adéquation avec la vision globale du président de la République, le général Mamadi Doumbouya.
SOW Telico