UGLCS-S /FSJP : quand les étudiants en droit font trembler la salle d’audience lors d’un procès fictif

La théorie universitaire s’est effacée devant le réalisme du prétoire ce samedi 16 mai 2026. Sous l’impulsion du Doyen de la FSJP, le Dr Ansoumane Sacko, la Faculté des Sciences Juridiques de l’Université Général Lansana CONTE de Sonfonia-Conakry a organisé un procès fictif d’une intensité rare autour d’un cas d’assassinat. Face à un parterre de hauts magistrats, la relève judiciaire guinéenne a prouvé que son talent n’avait plus rien de virtuel.

Le grand bain de la pratique

Loin des amphithéâtres classiques et des concepts abstraits, la classe de licence en Carrière Judiciaire s’est jetée dans l’arène de la pratique. En reconstituant minutieusement un procès criminel pour assassinat, ces magistrats, avocats et greffiers de demain ont bluffé l’assistance par leur rigueur technique et leur sens de la répartie.

Pour le doyen de la faculté, le Dr Ansoumane Sacko, cet exercice est le point d’orgue d’une révolution pédagogique : « Les cours théoriques qu’ils ont appris, ils veulent désormais les matérialiser dans les faits, dans la pratique. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. »

L’hommage appuyé des patrons de la CRIEF

Invité d’honneur de cette audience académique spéciale, le président de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), Francis Kova Zoumanigui, a exprimé une vive admiration. Pour ce haut magistrat, l’exercice dépasse le cadre du divertissement pédagogique.

« Le procès fictif n’est pas un spectacle, c’est un véritable instrument de civilisation juridique destiné à combattre l’arbitraire. »  Francis Kova Zoumanigui, Président de la CRIEF.

Le président de la CRIEF a salué l’aptitude des étudiants à écarter les rumeurs pour se focaliser exclusivement sur l’administration des preuves et la confrontation des textes. Un constat partagé par le substitut du procureur spécial près de la CRIEF, Pierre Kamano. Ancien étudiant de la FSJP, ce dernier a qualifié le fond des débats de « formidable », invitant simplement les étudiants à peaufiner la solennité de la forme et du protocole lors des prochaines éditions.

L’éthique, boussole des futurs magistrats

Au-delà des joutes verbales et du Code pénal, les professionnels ont profité de la tribune pour délivrer une leçon de déontologie à la jeunesse. Francis Kova Zoumanigui a rappelé avec gravité que la technique juridique est vaine si elle est déconnectée des valeurs morales : « Sans la probité et l’intégrité, l’État de droit va vaciller », a-t-il prévenu.

Cette immersion s’inscrit dans une dynamique globale à l’UGLCS -Conakry, où le corps enseignant multiplie les compétitions régionales (notamment en droit OHADA) pour ancrer une culture de l’excellence chez les futurs cadres du pays.

L’appel à l’audace de la jeunesse

Derrière la réussite logistique de cette journée se cache l’engagement du comité d’organisation, présidé par l’étudiant Diaby Karamoko. Ce dernier a conçu l’événement comme un acte de gratitude envers les professeurs de la faculté, avant de lancer un appel vibrant à ses pairs :

  • Oser : Sortir du confort des manuels pour se frotter au réel.
  • S’engager : Multiplier les séances de répétition et de simulations de plaidoiries.
  • Anticiper : S’habituer, dès les bancs de l’école, aux codes exigeants des palais de justice.

Pour clore ce chapitre de transmission en beauté, la fin de la cérémonie a donné lieu à un moment de forte solennité. En guise de remerciement pour leur disponibilité et leurs précieux conseils, les étudiants de la FSJP ont décerné des satisfecit aux magistrats invités. Un geste hautement symbolique qui vient sceller le pont entre l’université de Sonfonia et les hautes institutions judiciaires de la République.

À l’UGLCS-C, la relève n’attend pas le poids des années : elle s’impose déjà par le mérite.

SOW Telico

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