Habitante de l’axe à Conakry, Djenabou Barry, née en 1989, fait partie de ces nombreux citoyens ayant subi violences et intimidations dans un contexte politique tendu.
Engagée depuis 2020 au sein du MoDeL, après avoir adhéré aux idées de Aliou Bah, cette mère de quatre enfants s’investit activement dans la mobilisation de son quartier et participe à plusieurs manifestations pacifiques.
Son engagement bascule le 16 février 2023, lors d’une marche contre les enlèvements et arrestations arbitraires, violemment dispersée par les forces de sécurité. Traumatisée après avoir échappé de justesse aux violences, elle vit depuis dans la peur.
Le 5 septembre 2023, après une nouvelle manifestation, des hommes armés et encagoulés font irruption à son domicile à Bantounka 1, tirent des coups de feu, scandent son nom et menacent de l’éliminer. Absente au moment des faits, sa maison a été saccagée.
Ces événements la poussent à s’éloigner de la vie politique. Mais l’arrestation de Aliou Bah le 26 décembre 2024 la conduit à reprendre discrètement ses activités, notamment en lui rendant visite en détention.
Lors de l’une de ces visites, un agent pénitentiaire l’informe qu’elle figure sur une liste de personnes surveillées. Peu après, des menaces plus précises apparaissent: ses enfants sont cités nommément, ainsi que leur école.
Pour Djenabou, cette nouvelle étape confirme qu’elle est désormais directement ciblée, jusque dans sa vie familiale.
Ousmane Tounkara