Le candidat du FRONDEG à la mairie de Sanoyah, Famory Magassouba, a retrouvé la liberté ce lundi 1er juin aux environs de 14 heures, après avoir été interpellé et placé en détention à la brigade de recherche de Tombolia depuis le dimanche 31 mai à 17 heures. Il a été libéré en même temps que plusieurs de ses co-détenus.
À sa sortie, le candidat a livré sa version des faits, affirmant que son arrestation est intervenue à la suite d’une dénonciation d’irrégularités présumées observées dans un bureau de vote du centre de Koita. «Nous avons trouvé une situation irrégulière au centre de Koita, dans le bureau de vote numéro 3. Nous avons dénoncé cette situation auprès des membres du bureau afin que des dispositions soient prises. Malheureusement, ils n’ont pas été réceptifs. Cela a créé une polémique », a expliqué Famory Magassouba.
Selon lui, après avoir alerté les responsables électoraux communaux, une équipe d’intervention a été dépêchée sur place. Entre-temps, des tensions auraient éclaté autour du bureau de vote.
«Des jeunes loubards qui étaient autour sont venus nous menacer et nous insulter. Cela a créé une tension autour du bureau de vote. C’est dans ce contexte que la gendarmerie est intervenue et nous a conduits à la brigade de recherche », a-t-il poursuivi.
Le candidat affirme avoir été retenu pendant près de vingt-deux heures, en compagnie d’un membre de son équipe ainsi que d’un agent électoral également interpellé.
Malgré cette épreuve, Famory Magassouba a tenu à remercier les responsables et militants du FRONDEG ainsi que toutes les personnes qui se sont mobilisées pour obtenir leur libération. «Nous remercions tous ceux qui ont contribué de près ou de loin au dénouement de cette affaire. Nous demandons également aux autorités compétentes de prendre toutes les dispositions nécessaires afin que les voix exprimées par les citoyens soient effectivement prises en compte. C’est l’essentiel », a-t-il déclaré.
Le FRONDEG dénonce une manœuvre politique
Présent à la brigade de recherche, Camara Samba, responsable chargé des élections au FRONDEG, a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une opération visant à écarter un adversaire politique en pleine compétition électorale.
Mandaté, selon ses propos, par le président du parti, Abdoulaye Yéro Baldé, il affirme avoir recueilli les explications du candidat et des responsables de la gendarmerie. «Nous avons résumé cette affaire en un seul objectif : écarter un adversaire gênant qui avait une forte tendance à remporter les élections dans la commune urbaine de Sanoyah », a-t-il soutenu.
Selon Camara Samba, les autorités auraient reproché à Famory Magassouba deux faits : « attroupement illégal » et « fraude électorale ». Des accusations qu’il rejette catégoriquement.
Il affirme que le candidat du FRONDEG aurait plutôt découvert et dénoncé des pratiques frauduleuses dans certains bureaux de vote, notamment l’utilisation présumée de bulletins pré-cochés et de cartes d’électeurs sans propriétaires identifiés. «Magassouba a été légaliste. Il a alerté les autorités compétentes au lieu de répondre aux provocations. Pourtant, c’est lui qui a été arrêté alors qu’il dénonçait ce qu’il considérait comme une fraude », a-t-il déclaré.
Ce responsable du FRONDEG affirme par ailleurs que son parti disposerait de nombreuses preuves de fraudes électorales présumées et se dit prêt à les présenter devant les autorités compétentes si une procédure judiciaire devait être engagée.
Appel au calme et au respect du processus électoral
Tout en dénonçant ce qu’il qualifie de tentative d’éloignement du candidat de la scène électorale locale, Camara Samba a lancé un appel au calme à l’endroit des militants et sympathisants du parti.
«Nous invitons nos militants de Sanoyah à rester calmes et à ne jamais utiliser la force. La loi existe et nous utiliserons la force de la loi pour faire valoir nos droits », a-t-il indiqué.Le FRONDEG demande aux autorités électorales et à la Direction générale des élections de faire toute la lumière sur les incidents signalés et de garantir la sincérité du scrutin dans la commune de Sanoyah.

Aliou Barry pour conakryweb.com