“Incitation à la haine” : La Cour d’appel de Conakry saisie pour des poursuites contre Moussa Mara, alias « Général El-Sisi »

Une démarche citoyenne et médiatique secoue l’espace judiciaire guinéen. Ce lundi 22 juin 2026, le journaliste Malick Diallo, soutenu par ses confrères Mamadou Bhoye Barry et Alhassane Bah, a officiellement déposé un courrier de signalement auprès du parquet général près la Cour d’appel de Conakry. Cette initiative vise directement l’activiste Moussa Mara, alias « Général El-Sisi » sur les réseaux sociaux. Accusé de tenir de manière répétée des propos haineux et divisionnaires ciblant une communauté nationale, ce soutien affiché du pouvoir en place fait désormais l’objet d’une demande formelle de poursuites judiciaires pour préserver la cohésion sociale.

Les motifs du signalement : Des appels à la discrimination communautaire

Face à la presse nationale, Malick Diallo a exposé sans détour la gravité des faits reprochés à Moussa Mara sur les plateformes numériques, notamment sur Facebook :

Discrimination administrative : Appels répétés à priver les membres d’une communauté de documents d’état civil (extraits de naissance, pièces d’identité).

Asphyxie économique : Incitations à bloquer les camions de transport et les commerces privés.

Atteinte à la cohésion : Propos injurieux de nature à monter les composantes ethniques du pays les unes contre les autres.

Le cri d’alarme de Malick Diallo : « Ce sont des propos de nature à semer le trouble, à fragiliser la cohésion sociale et nationale. Ce ne sont pas des propos tolérables. Ces tensions risquent d’avoir des effets de contagion dans nos sociétés et dans nos quartiers. »

Un appel au principe de l’égalité devant la loi

Les initiateurs de la démarche regrettent l’absence d’une autosaisine immédiate des autorités judiciaires, alors que la dernière vidéo incriminée circulait déjà depuis plus de quatre jours. Ils rappellent qu’un précédent avertissement du procureur général, publié le 15 avril dernier, stipulait clairement que l’espace numérique ne saurait être une zone de non-droit.

Pour le collectif de journalistes, la justice se doit d’être impartiale et de lever toute impression d’impunité, quelles que soient les affinités politiques de l’accusé.

Le rappel à la règle : « C’est un citoyen guinéen et nous pensons qu’il ne doit pas y avoir de deux poids, deux mesures. Il n’y a pas de super-citoyens. Tout citoyen qui incite à la haine doit répondre de ses actes. Nous comptons sur le parquet général pour qu’il y ait des enquêtes. »

L’exécutif interpellé : Une demande de désaveu public

Au-delà de la stricte réponse pénale, la démarche revêt également une dimension politique. Ancien détenu de longue période pour des faits de troubles à l’ordre public sous l’ancien régime, Moussa Mara s’affiche désormais comme un fervent promoteur de la transition.

C’est à ce titre que Malick Diallo invite la haute hiérarchie de l’État à clarifier sa position face à de telles dérives discursives.

L’interpellation politique : « Je demande au gouvernement et au président Mamadi Doumbouya de le désavouer publiquement. Ce monsieur s’affiche comme un soutien du régime en place. Lorsqu’un citoyen qui se réclame du pouvoir appelle à priver une communauté de documents administratifs, c’est quelque chose auquel l’exécutif ne doit pas être associé. »

Le courrier ayant été formellement enregistré au greffe de la Cour d’appel, les plaignants affirment s’en remettre à la responsabilité du parquet pour engager l’action publique.

SOW Telico

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