Kassory Fofana à l’hôpital : son avocat craint une issue fatale faute de soins

L’état de santé de l’ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana continue de se détériorer à la clinique Pasteur de Conakry, où il est hospitalisé. Son avocat, Me Dinah Sampil, alerte sur l’urgence d’une évacuation sanitaire et affirme que son client n’a reçu aucun traitement curatif depuis son incarcération en 2022, faute d’autorisation de sortie du territoire.

Une santé qui se dégrade depuis quatre ans

Selon Me Dinah Sampil, le mal dont souffre Ibrahima Kassory Fofana n’est pas nouveau. Il remonterait à son arrestation, en avril 2022. L’avocat affirme que la maladie de son client s’est aggravée pendant toute la durée de sa détention, faute de soins adaptés.

Aujourd’hui, la situation serait devenue critique. L’ancien chef du gouvernement ne pourrait plus se déplacer seul et aurait besoin d’une assistance permanente. Son conseil, qui lui rend visite régulièrement, dit observer une dégradation continue de son état physique.

« Si vous ne soignez pas, vous laissez la maladie progresser. Et si cette progression se fait, c’est la mort qui va s’ensuivre », a-t-il averti, dans une déclaration où il exprime sa forte inquiétude quant au risque vital encouru par son client.

Aucun traitement curatif depuis l’arrestation

D’après Me Sampil, Kassory Fofana n’aurait bénéficié que de calmants depuis 2022, aucun soin curatif ne lui ayant été administré. La raison invoquée : son mal nécessiterait une intervention chirurgicale et des équipements médicaux absents du système de santé guinéen.

Les experts médicaux guinéens auraient eux-mêmes recommandé son évacuation à l’étranger. Une préconisation restée sans suite à ce jour, alors que l’urgence serait, selon l’avocat, plus grande que jamais.

Une interdiction de sortie du territoire toujours en vigueur

Sur le plan judiciaire, la défense estime que Kassory Fofana a recouvré sa liberté, la peine prononcée contre lui ayant été purgée. Mais un obstacle administratif demeure : l’interdiction de quitter le territoire national, imposée à l’époque de son interpellation avec le retrait de ses titres de voyage, n’aurait toujours pas été levée.

C’est précisément cette autorisation que réclame aujourd’hui son avocat, seule voie selon lui vers une prise en charge médicale adéquate.

Des frais d’hospitalisation impayés depuis cinq mois

À la détresse sanitaire s’ajoute une difficulté financière. Selon Me Sampil, l’État aurait cessé de régler les frais d’hospitalisation depuis cinq mois. Les comptes de l’ancien Premier ministre seraient par ailleurs bloqués, leurs avoirs ayant été attribués à l’État.

L’avocat redoute qu’un contentieux financier avec la clinique ne vienne s’ajouter aux difficultés déjà rencontrées par son client.

La défense revient sur l’accusation de blanchiment

Au-delà du volet sanitaire, Me Sampil conteste la qualification de blanchiment retenue contre son client. Il argue que cette infraction suppose un détournement préalable de fonds — or, selon lui, cette accusation de détournement n’aurait pas été retenue par la justice.

« Quel argent a-t-il blanchi alors qu’en amont, il n’a pas été détourné ? », interroge l’avocat, qui y voit une incohérence juridique.

Un appel pressant aux autorités

Me Dinah Sampil conclut son intervention par un appel direct aux autorités guinéennes : lever sans délai l’interdiction de sortie du territoire visant Ibrahima Kassory Fofana, afin qu’il puisse recevoir les soins que la Guinée, selon la défense, n’est pas en mesure de lui prodiguer.

SOW Telico

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