Le parquet général près la Cour d’appel de Conakry a instruit le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kaloum d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre de Fodé Moussa Mara, alias « Général El Sissi ». Cette action publique fait suite à la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo contenant des propos jugés discriminatoires envers la communauté peule.
La justice saisie après un signalement citoyen
La procédure s’est accélérée quelques jours seulement après le dépôt d’un signalement officiel auprès de la juridiction d’appel de Conakry. Les autorités judiciaires ont activement réagi face à la propagation d’une séquence vidéo devenue virale, dans laquelle les déclarations du mis en cause ont été qualifiées d’atteinte aux lois réprimant les discours de haine et les dérives communautaires.
Le procureur de la République près le TPI de Kaloum est désormais chargé d’instruire le dossier, de matérialiser les charges et de mener l’enquête conformément au code de procédure pénale.
La défense de l’inculpé face aux accusations
Face à l’ouverture de cette information judiciaire, Fodé Moussa Mara conteste vigoureusement les griefs retenus contre lui. Dans une déclaration relayée par le média Mediaguinee, l’intéressé a rejeté toute volonté d’incitation à la haine ou à la discrimination.
Pour sa défense, il fait valoir deux arguments principaux :
L’anachronisme de la preuve : La séquence vidéo incriminée daterait, selon lui, d’il y a six ans ;
L’absence d’intention malveillante : Il nie toute démarche délibérée visant à fragiliser les relations intercommunautaires.
Tolérance zéro face aux discours identitaires
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue de la part de l’appareil judiciaire guinéen et des organisations de la société civile. Les autorités réitèrent régulièrement leur ferme volonté de sanctionner sévèrement les discours à caractère ethnique ou divisionnaire, considérés comme des menaces directes pour la stabilité, la cohésion sociale et le vivre-ensemble en Guinée.
Il revient désormais aux magistrats du tribunal de Kaloum de déterminer la recevabilité des arguments de la défense et de fixer le calendrier des prochaines comparutions.
SOW Telico