N’ZÉRÉKORÉ EN RUINES : PRÈS DE 3 000 COMMERÇANTS SINISTRÉS, PLUS DE 4 300 INFRASTRUCTURES RÉDUITES EN CENDRES


L’incendie qui a ravagé le Grand marché de N’Zérékoré laisse derrière lui un bilan d’une ampleur exceptionnelle.

Après plusieurs jours d’évaluation, l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH) a rendu publics, ce mercredi 1er juillet 2026, les chiffres officiels de cette catastrophe qui a durement frappé le principal centre commercial de la région forestière.


Face aux autorités locales, aux partenaires techniques ainsi qu’aux représentants des commerçants, le Directeur général de l’ANGUCH, Lanceï Touré, a dévoilé les résultats de l’enquête menée sur le terrain. Le rapport recense 2 916 commerçants et propriétaires directement affectés par le sinistre. Au-delà de ces victimes directes, 24 698 personnes, membres de leurs familles et dépendants, voient aujourd’hui leurs conditions de vie gravement compromises.


Les dégâts matériels sont tout aussi impressionnants. Au total, 4 342 infrastructures commerciales ont été détruites ou endommagées, dont 3 261 conteneurs, 825 tables de vente, 183 boutiques, 46 magasins et 27 kiosques. Les flammes n’ont laissé presque aucune chance aux occupants puisque près de huit installations sur dix ont été entièrement détruites, tandis qu’une faible proportion a subi des dommages partiels.


Le rapport met également en évidence la forte vulnérabilité des femmes, qui représentent 57,28 % des personnes sinistrées, contre 42,72 % d’hommes. Parmi les victimes figurent 1 977 commerçants, propriétaires ou locataires d’espaces commerciaux, auxquels s’ajoutent 939 propriétaires de locaux.
L’analyse révèle que la majorité des activités commerciales étaient exercées dans des conteneurs, largement dominants au sein du marché. Les autres commerçants occupaient des étals, des boutiques, des magasins ou encore des kiosques, tous fortement touchés par l’incendie.
Sur le plan économique, près de la moitié des victimes combinaient le commerce de gros et de détail. D’autres exerçaient exclusivement dans le commerce de détail ou dans le commerce de gros. Le rapport indique aussi que près de six commerçants sur dix utilisent le service Orange Money, tandis que l’âge moyen des sinistrés est évalué à 43 ans.


À travers cette évaluation, l’ANGUCH entend fournir aux autorités un outil de référence pour organiser les opérations d’assistance, identifier les bénéficiaires des futures mesures d’accompagnement et préparer la reconstruction du Grand marché de N’Zérékoré. Une étape décisive pour relancer les activités économiques dans une ville encore sous le choc de l’un des plus graves incendies commerciaux de son histoire.

Gilbert Soro depuis N’zérékoré

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