Alors que les recherches se poursuivent sous la masse d’ordures à la décharge de Dar-Es-Salam, le Lieutenant-Colonel Mamadou Baïlo Baldé, coordinateur des travaux sur le site, a livré une première réaction. Il déplore la perte de vies humaines survenue quelques jours seulement avant le lancement officiel de l’opération de fermeture, prévu ce dimanche 23 août 2026, et défend le travail de sensibilisation mené sur le terrain depuis près de six mois.
Un travail de sensibilisation mené depuis six mois
Le coordinateur des travaux insiste d’emblée sur l’ampleur des efforts déployés en amont sur le site.
« J’ai passé presque six mois avec le ministre ici. On ne passe pas une semaine sans venir sensibiliser », affirme-t-il.
Selon lui, une dernière intervention a eu lieu mercredi, quelques jours seulement avant le drame. « Nous sommes venus et nous avons dégagé tout ce qui était là, comme les pacas que les gens installent pour s’abriter la nuit », précise-t-il.
Une mobilisation des autorités locales
Le Lieutenant-Colonel Baldé décrit une opération menée en coordination avec plusieurs acteurs locaux.
« J’ai appelé le chef de quartier, ainsi que le maire. Nous nous sommes tous retrouvés ici. Nous avons sensibilisé les populations et dégagé tout ce qui était des pacas », relate-t-il.
Un ultimatum aurait même été formulé publiquement. « Nous avons dit aux gens : « Dans une semaine, nous allons faire la clôture. » Ça, c’était dimanche dernier, avec le ministre de l’Assainissement », rappelle-t-il.
Des retours nocturnes malgré les avertissements
Malgré ce dispositif, certains habitants continuaient de revenir sur les lieux, notamment de nuit, selon les informations recueillies.
« Mon constat, quand même, c’est que c’est regrettable. Ce sont des Guinéens qui sont morts. On ne le souhaitait pas, mais on a prévenu. Ce n’est pas facile avec notre population », déplore-t-il.
Un dispositif jugé insuffisant face aux réalités du terrain
Le coordinateur revendique l’implication de plusieurs corps constitués dans cette opération de sensibilisation.
« On a fait le maximum de nous-mêmes. Le bataillon du génie militaire et le ministère de l’Assainissement, on s’est battus pendant tous ces mois-là pour pouvoir sensibiliser, avec le chef de quartier. Et la gendarmerie, qui est au niveau de Rail, en est témoin. J’étais là avec eux », insiste-t-il.
Il conclut sur un constat d’impuissance face à la situation. « Mais ce n’est pas facile avec notre population. C’est incompréhensible, ce qui est arrivé. »
Un bilan encore incertain
Interrogé sur le nombre de victimes, même à titre provisoire, le Lieutenant-Colonel Baldé s’est refusé à tout commentaire chiffré.
« Je ne peux pas vous le confirmer. Moi, je suis chargé de dégager. Pour ce qui concerne les corps, référez-vous à la Croix-Rouge », a-t-il déclaré, renvoyant vers cette organisation pour toute information sur le bilan humain de cet éboulement.
SOW Telico