Ce vendredi 28 août 2026, l’émotion était vive dans le quartier de Mafanco, situé dans la commune de Matam, où Alya Camara, un menuisier de 60 ans, a tragiquement perdu la vie après avoir chuté du quatrième étage d’un immeuble en construction.
Le drame s’est produit dans l’après-midi, sous les yeux pétrifiés de ses coéquipiers. Père de famille dévoué, marié et père de huit enfants, Alya Camara était arrivé sur le site aux alentours de la mi-journée pour prêter main-forte à ses collègues sur la pose du coffrage.
Sékou Finando, témoin direct de la scène et encore sous le choc, raconte les derniers instants de la victime :
«Ce matin, je suis venu tôt avec un autre collègue. Maître Alya, lui, nous a rejoints vers la mi-journée. Nous avons commencé à poser les bois sur les poteaux. Mon collègue, maître Bangoura, coupait les pièces pendant que maître Alya s’occupait de la pose en hauteur. Il m’a demandé de lui tendre une pièce en me disant de ne pas avoir peur. C’est en tentant d’ajuster ce bois sur le poteau qu’il a perdu l’équilibre et fait une chute mortelle. Dans sa chute, son casque de protection s’est détaché ; il a percuté violemment le sol avec la tête et est décédé sur le coup. C’est mon cri d’alerte qui a fait venir les gens.»
Le choc de l’impact n’a laissé aucune chance au sexagénaire, provoquant une onde de choc immédiate parmi les ouvriers et les riverains rassemblés au pied du bâtiment.
Avertis dès les premières minutes suivant l’accident, les sapeurs-pompiers, les forces de police ainsi que les autorités locales se sont rapidement rendus sur les lieux pour procéder aux constatations d’usage et sécuriser le périmètre.
Très vite, la question du respect des normes de sécurité et de la protection des travailleurs sur ce chantier en hauteur s’est posée. La police a immédiatement ouvert une enquête administrative et judiciaire pour faire toute la lumière sur la chaîne d’encadrement du projet. Le responsable du chantier a été arrêté par les forces de l’ordre pour les besoins des interrogatoires.
«Le commissaire a demandé à identifier les responsables du chantier. Les personnes en charge ont été embarquées et conduites au commissariat pour audition», a confirmé le chef de secteur de Mafanco Centre, Mohamed Sacko.
Ce drame met en lumière le cruel manque d’équipements de sécurité antichute (harnais, lignes de vie, garde-corps) sur de nombreux chantiers de construction urbains, coûtant une nouvelle fois la vie à un travailleur chevronné.
Barry Aliou pour conakryweb.com