TPI de Kaloum : les trois leaders syndicaux de la BCRG relaxés

Le tribunal correctionnel de Kaloum a rendu sa décision ce vendredi 28 août 2026 dans l’affaire opposant le ministère public à trois leaders syndicaux de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Poursuivis pour outrage à agent, violences et voies de fait, Aboubacar Sidiki Camara, Aboubacar Yansané et Momo Camara ont été déclarés non coupables et renvoyés des fins de la poursuite, faute d’éléments constitutifs du délit.

Des faits remontant à un mouvement de revendication

Les trois prévenus occupent des fonctions syndicales au sein de la BCRG : Aboubacar Sidiki Camara en tant que secrétaire général adjoint, Aboubacar Yansané chargé de la santé, de la sécurité et de l’hygiène au travail, et Momo Camara chargé des affaires sociales.

Ils étaient poursuivis à la requête de l’adjudant-chef Daouda Sankhon, aide de camp du gouverneur de la BCRG, Karamo Kaba.

Les faits reprochés remontent au 6 août dernier, lors d’un mouvement de revendication syndicale portant notamment sur la prime scolaire destinée au personnel, censée contribuer à la scolarisation de leurs enfants.

Une relaxe pour délit non constitué

À l’audience de ce vendredi, le tribunal a déclaré les trois prévenus non coupables des faits qui leur étaient reprochés et les a renvoyés des fins de la poursuite pour délit non constitué.

La juridiction a par ailleurs débouté le ministère public ainsi que la partie civile de l’ensemble de leurs prétentions.

Des éléments constitutifs jugés insuffisants

Dans sa décision, le tribunal a estimé que les éléments constitutifs du délit d’outrage, prévu par l’article 658 du Code pénal, n’étaient pas réunis à la charge des prévenus. Le même constat a été dressé concernant les faits de violences ou de voies de fait, prévus par l’article 240 du Code pénal.

La juge Fanta Alama Camara, qui présidait l’audience, a notamment relevé qu’aucun acte matériel constitutif d’outrage, de violence ou de voies de fait n’était établi, ni personnellement imputable aux prévenus.

En conséquence, le tribunal a prononcé leur relaxe et débouté le ministère public de ses réquisitions.

La partie civile déboutée sur tous les points

Sur l’action civile, la juridiction a également rejeté la demande de la partie civile, qui réclamait le paiement de 100 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

La demande de comparution des prévenus a elle aussi été rejetée, faute d’éléments suffisants.

Les dépens ont été mis à la charge de la partie civile.

Une procédure close en première instance

Cette décision met ainsi fin, en première instance, à la procédure engagée contre les trois responsables syndicaux de la BCRG.

SOW Telico

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