Le calme habituel des zones rurales de Kindia a laissé place à un spectacle de désolation. À Massaya, dans le district de Koliagbé dans la sous-préfecture de Friguiagbé, préfecture un violent incendie d’origine inconnue a entièrement ravagé le champ d’Aboubacar Camara, jeune entrepreneur agricole, anéantissant en quelques heures plusieurs années d’efforts le 02 avril 2026.
Située à une dizaine de kilomètres du centre-ville de Kindia, le long de la route nationale n°1, son exploitation agricole n’est désormais plus qu’un vaste terrain calciné. Bananiers, papayers et plantations d’ananas n’ont pas résisté à la violence des flammes.
Une journée qui vire au drame
Rien ne laissait présager une telle catastrophe. Présent sur les lieux dans la matinée du 2 avril pour ses activités quotidiennes, Aboubacar Camara quitte son champ en toute tranquillité avant d’être alerté quelques heures plus tard.
«J’étais sur place tôt le matin. J’ai travaillé jusqu’à 9 heures avant de me rendre à Kindia. Vers 15 heures, un ami m’a appelé pour m’informer que mon champ brûlait. Je me suis précipité, mais il était trop tard: tout était déjà parti en fumée», confie-t-il, encore sous le choc.
Des pertes énormes et un avenir incertainL’incendie n’a laissé aucune chance à l’exploitation. Au-delà des cultures, c’est tout l’outil de travail du jeune agriculteur qui a disparu. Le bilan est lourd: des cultures entièrement détruites (piments, aubergines, tomates, ananas); du matériel agricole réduit en cendres (brouettes, casiers, roues, dabas); des stocks consumés, notamment produits phytosanitaires et carburant.
«L’investissement est énorme et demande un courage quotidien. En saison sèche, l’accès à l’eau est déjà un défi. Voir tout ce travail anéanti est une épreuve terrible. Aujourd’hui, ma perte est totale», déplore-t-il.
Des incendies devenus une menace récurrenteCe drame illustre une réalité de plus en plus préoccupante dans la zone de Friguiagbé. Les feux de brousse, qu’ils soient accidentels ou criminels, se multiplient et mettent en péril les investissements agricoles.
Face à cette situation, Aboubacar Camara tire la sonnette d’alarme et interpelle les autorités. «Le gouvernement doit nous aider à trouver une solution durable. Ces incendies risquent de décourager les jeunes investisseurs. J’en appelle aussi aux Chambres d’agriculture pour renforcer la sécurisation des zones de culture», lance-t-il.
Une urgence pour sauver l’agriculture locale
Dans cette région surnommée la «ville des agrumes», l’agriculture constitue un pilier essentiel de l’économie locale. Mais la répétition de ces sinistres fragilise fortement les producteurs. La mise en place de mesures de prévention contre les feux de brousse, ainsi qu’un accompagnement financier pour les agriculteurs sinistrés, apparaît aujourd’hui indispensable pour préserver les exploitations et encourager les initiatives agricoles.
Sans réponse rapide, ces incendies à répétition pourraient compromettre durablement l’avenir du secteur agricole à Kindia.
Aliou Barry pour conakryweb.com