Le divorce est désormais consommé entre les ténors du syndicalisme éducatif guinéen. Alors que le SNE de Michel Pépé Balamou annonce son retrait de l’USTG et la fin de toute collaboration avec le SLEG, Aboubacar Soumah contre-attaque. Ce mercredi 15 avril, sur les ondes de « Guinée Today », le leader du SLEG a brisé le silence, qualifiant le syndicat rival d’instrument politique façonné par l’ancien régime pour briser la contestation sociale.
Une rupture sur fond de désaffiliation
Le paysage syndical guinéen traverse une zone de fortes turbulences. Le Syndicat national de l’éducation (SNE) a officiellement lancé une consultation de ses bases pour acter sa désaffiliation de l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée (USTG).
Plus qu’une simple réorganisation administrative, cette décision marque une rupture frontale avec le SLEG (Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée). Une manœuvre qu’Aboubacar Soumah balaie d’un revers de main, rappelant que l’adhésion syndicale reste un choix volontaire, tout en pointant du doigt les origines, selon lui douteuses, de son concurrent.
Les révélations de Soumah : « Le SNE est une fabrication du RPG »
Invité de l’émission phare « Guinée Today », Aboubacar Soumah a lâché une véritable bombe médiatique en revenant sur la genèse du mouvement dirigé par Michel Pépé Balamou. Pour le leader du SLEG, le SNE n’est pas né d’une volonté spontanée des travailleurs, mais d’une stratégie de déstabilisation orchestrée au sommet de l’État en 2018.
L’ombre de la Présidence sous Alpha Condé
Selon Soumah, le SNE aurait été « monté de toutes pièces » par le RPG-Arc-en-ciel pour contrer la puissance de frappe du SLEG lors des grandes grèves de l’époque. Il cite nommément un acteur clé :
Souleymane Dounoh Keïta : Alors chargé de mission à la Présidence, il est désigné par Soumah comme l’architecte de cette scission.
Le congrès de Kindia : Aboubacar Soumah affirme que c’est lors d’une rencontre dans la cité des agrumes que Pépé Balamou aurait été « installé » avec l’appui du pouvoir.
« Nous savons dans quelles conditions ce syndicat a été créé. C’est une fabrication de l’ancien régime pour nous affaiblir en 2018. » Aboubacar Soumah.
Logistique et financement : des accusations précises
Pour étayer ses propos, le secrétaire général du SLEG a rappelé des détails logistiques qui, à l’époque, avaient déjà suscité des interrogations au sein de la classe ouvrière. Il a notamment évoqué l’acquisition rapide du siège du SNE, situé dans le bâtiment qui abritait autrefois le groupe Espace, suggérant un soutien financier occulte lié à ses fonctions politiques.
Vers une guerre de tranchées syndicale
Cette sortie médiatique incendiaire intervient au moment où le SNE/FSPE menace de paralyser l’école guinéenne avec un ultimatum courant jusqu’au 17 avril. En décrédibilisant la légitimité historique de son rival, Aboubacar Soumah durcit le ton et complique toute possibilité de médiation entre les deux blocs.
Alors que le SNE justifie son départ de l’USTG par une volonté d’autonomie, les révélations de Soumah jettent un pavé dans la mare : le combat pour la défense des enseignants est-il pollué par des relents partisans hérités du passé ? Le silence ou la riposte de Michel Pépé Balamou est désormais attendu pour éclaircir ce pan de l’histoire sociale de la Guinée.
SOW Telico
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