Le Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn a rendu sa décision très attendue dans le contentieux opposant la Direction générale des élections (DGE) à plusieurs partis et mouvements politiques, à quelques semaines des élections communales prévues le 31 mai. Au cœur du litige: l’invalidation de nombreuses listes de candidatures, vivement contestée par les requérants.
Parmi les huit entités politiques engagées dans la procédure figuraient la GMD dirigée par Fafa M’bira Mané, le FRONDEG, l’ADC et le mouvement Lambandji Djigui. Tous dénonçaient un rejet qu’ils jugent arbitraire, pointant des irrégularités dans la gestion du processus électoral. Les avocats des requérants ont évoqué des manquements graves, accusant la DGE de négligence et d’atteinte aux droits des candidats.
L’un des arguments centraux, porté par Me Mamoudou Sané, conseil de Fafa M’bira Mané, reposait sur l’absence de notification préalable des anomalies. Selon lui, la liste rejetée était conforme et complète, laissant planer le doute sur une décision délibérée de l’administration.
En réponse, la DGE, défendue par Me Saa Dissi Millimono, a rappelé que toute candidature doit comporter un dossier complet de douze pièces obligatoires. Elle a justifié ses décisions par plusieurs irrégularités: non-respect du quota de femmes pour le PPC à Sonfonia, dossiers incomplets pour le FRONDEG à Lambandji, absence de documents pour certains candidats de Lambandji Djigui, ou encore soupçons de falsification au sein de l’ADC.
Au terme de l’examen, le tribunal a confirmé l’invalidation des listes du FRONDEG dans plusieurs communes, ainsi que celles de Lambandji Djigui, de l’ADC et de la liste conduite par Fafa M’bira Mané, rejetant leurs recours en premier et dernier ressort. En revanche, la juridiction a ordonné la réintégration de la liste du Parti pour le progrès et le changement (PPC) à Sonfonia, jugée conforme aux exigences légales.
Le tribunal a également autorisé des ajustements sur la liste de la GMD à Dixinn, notamment le remplacement de certains candidats et la correction d’erreurs matérielles. Il a exigé l’exécution immédiate de ses décisions, tout en précisant que les frais de procédure seront supportés par le Trésor public.
Aliou Barry pour conakryweb.com