Coup de tonnerre dans le milieu des créateurs de contenu et du showbiz guinéen. Le procès des influenceurs Ahmed Saadate Diallo (Saad), Mamadou Alpha Baldé (SoprAlpha) et de la chanteuse Hadiatou Bah (Hadya Monéné Fodé) s’est ouvert ce mercredi 20 mai 2026 devant le Tribunal de première instance (TPI) de Dixinn. Les trois prévenus, placés sous mandat de dépôt la veille, font face à de lourdes charges liées à la cybercriminalité et aux mœurs.
De la garde à vue au box des accusés : 24 heures de descente aux enfers
L’affaire a connu une accélération judiciaire fulgurante. Interpellés à la suite de la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux (notamment sur Facebook), les trois prévenus ont été auditionnés hier, mardi, par le parquet du TPI de Dixinn.
À l’issue de leur audition, ils ont été inculpés et immédiatement placés sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry, où ils ont passé leur première nuit en détention. Ce mercredi matin, les prévenus ont été extraits de leurs cellules et conduits sous haute escorte à bord de la fourgonnette pénitentiaire jusqu’au tribunal. Ils sont désormais installés dans le box des accusés, dans l’attente du démarrage des débats.
Le détail des lourds chefs d’accusation retenus
Le rôle d’audience correctionnelle a mis en lumière la qualification pénale des faits qui leur sont reprochés, scindée selon l’implication de chacun :
- Pour Ahmed Saadate Diallo (Saad) et Mamadou Alpha Baldé (SoprAlpha) : Ils sont poursuivis pour atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique. Des faits réprimés par la loi L/2016/037/AN relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel en République de Guinée.
- Pour Hadiatou Bah (Hadya Monéné Fodé) : L’artiste écope des charges les plus lourdes. Elle est poursuivie pour diffamation, proxénétisme et complicité d’atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique. Le parquet s’appuie ici sur les articles 19, 20, 347 et 363 du Code pénal, ainsi que sur l’article 32 de la loi sur la cybersécurité.
L’enjeu du procès : Cette affaire hautement médiatisée fait office de test grandeur nature pour la justice guinéenne dans sa volonté de réguler les dérives comportementales et d’assainir l’espace numérique local, de plus en plus marqué par les scandales virtuels.
L’audience, qui suscite déjà une vive attention du public et des internautes, s’annonce particulièrement serrée entre la défense des prévenus et le ministère public.
Affaire à suivre…
SOW Telico