La Société guinéenne de palmiers à huile et d’hévéas (SOGUIPAH) a officiellement présenté, ce mercredi 20 mai 2026 à Conakry, son plan stratégique de relance ainsi que son projet de contrat-programme, marquant une nouvelle étape dans la restructuration de cette entreprise publique considérée comme un acteur majeur du développement agro-industriel national.
La cérémonie a connu la présence de plusieurs autorités gouvernementales, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants de l’Union européenne, de l’Agence française de développement (AFD) et d’Expertise France.
Au nom de la ministre de l’Agriculture, le secrétaire général du département, Oumar Barry, a rappelé le rôle stratégique de la SOGUIPAH dans la vision de transformation locale portée par les autorités guinéennes. «La SOGUIPAH est une entreprise agro-industrielle qui emploie au moins 4 000 personnes et constitue un levier important de développement pour notre pays», a-t-il déclaré, avant de souligner que ce contrat-programme devrait permettre à l’entreprise de retrouver une dynamique de croissance durable.
Selon lui, cette relance s’inscrit pleinement dans les ambitions nationales liées au programme Simandou 2040 et à la politique de transformation locale des matières premières agricoles.
Pour sa part, le Directeur général de la SOGUIPAH, Julien Dramou, a expliqué que ce plan stratégique servira de référence pour les cinq prochaines années. Il a insisté sur la nécessité d’instaurer une gestion plus saine, transparente et performante afin de restaurer la crédibilité de l’entreprise auprès des partenaires et des investisseurs. «Aujourd’hui, nous avons une vision claire de ce que nous voulons de la SOGUIPAH. Nous avons identifié des actions concrètes qui seront mises en œuvre sur les cinq prochaines années », a-t-il affirmé.
Le document stratégique prévoit notamment la réhabilitation des unités industrielles, l’extension et le renouvellement des plantations vieillissantes, ainsi qu’un important chantier d’assainissement de la gouvernance opérationnelle et financière. Le DG de la SOGUIPAH a également évoqué l’ampleur des difficultés financières auxquelles l’entreprise reste confrontée. Héritière d’importantes dettes envers l’État, les fournisseurs et les planteurs, la société devra accélérer l’amélioration de sa productivité pour soutenir son plan de désendettement.
Pour réussir cette transformation, les besoins de financement sont estimés à environ 60 millions de dollars, tandis que les dépenses opérationnelles sur cinq ans pourraient atteindre entre 200 et 250 millions de dollars. Malgré ces défis, Julien Dramou se veut optimiste. Il annonce que le chiffre d’affaires de la SOGUIPAH pourrait être multiplié par trois ou quatre à l’horizon 2031, avec des revenus projetés à plus de 3 000 milliards de francs guinéens.
Partenaire du processus de restructuration, Expertise France a salué les efforts engagés pour le redressement de l’entreprise. Son représentant pays, Nicolas Huet, a rappelé que les travaux d’audit et l’élaboration du plan stratégique ont été financés par l’Union européenne dans le cadre du programme AMRIC. Il a toutefois insisté sur la nécessité pour l’État de prendre rapidement des mesures fortes afin de garantir une gouvernance vertueuse et crédible au sein de la société.
De son côté, le représentant de la présidente du Conseil d’administration, Lancinet Kakoro, a qualifié ce plan stratégique de «véritable cadre de transformation » pour la SOGUIPAH.
Selon lui, les orientations retenues visent à moderniser les unités industrielles, renforcer la compétitivité de l’entreprise, améliorer les équilibres financiers et créer davantage de valeur ajoutée pour l’économie nationale. «La relance de la SOGUIPAH n’est pas uniquement une question d’entreprise, c’est un enjeu national », a-t-il conclu, évoquant notamment les enjeux liés à la souveraineté économique, à l’emploi des jeunes et au développement des territoires ruraux.
Mohamed Aly Barry pour conakryweb.com
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