Une banale infraction routière a basculé dans une extrême tension ce mardi 19 mai 2026 sur l’axe routier Cité Enco 5 – Cosa, à Conakry. Le refus d’obtempérer du conducteur d’un camion-benne a déclenché une course-poursuite à vive allure, conclue par une interpellation musclée des forces de l’ordre au carrefour Conteneur. Face à la violence de l’arrestation, la colère de la foule a manqué de faire dégénérer l’intervention en affrontement généralisé.
Une traque à haute vitesse en plein cœur de Conakry
L’incident a débuté au rond-point d’Enco 5 lorsqu’un camion-benne a forcé un barrage policier. Selon les informations recueillies, le poids lourd aurait percuté des barrières de sécurité et mis en danger plusieurs usagers dans sa fuite. Immédiatement, un agent de la circulation à moto s’est lancé à ses trousses, rapidement épaulé par un pick-up de la Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité (CMIS) transportant de nombreux policiers.
Des témoins rapportent que le véhicule d’intervention de la CMIS roulait à une vitesse jugée excessive sur cet axe densément fréquenté, frôlant de nombreux engins et provoquant la panique des riverains.
Le camion a finalement été intercepté et immobilisé au milieu de la chaussée au niveau du carrefour Conteneur, coupant net le trafic et générant instantanément un immense embouteillage aux heures de pointe.
Interpellation musclée et indignation populaire
C’est lors de la neutralisation du chauffeur que la situation a basculé dans la violence :
Usage de la force : Devant le refus du conducteur de monter dans le pick-up, les agents l’ont violemment frappé avant de le projeter au sol pour le maîtriser.
Collatéral : L’apprenti du camion a lui aussi été pris à partie et a reçu une gifle de la part des forces de sécurité.
Cette brutalité, filmée et observée par des dizaines de passants, automobilistes et motards, a immédiatement provoqué l’indignation de la foule. Plusieurs citoyens ont encerclé les policiers pour exiger l’arrêt immédiat des violences.
« Quel que soit l’acte commis, ce n’est pas une raison pour le frapper de cette manière », s’est indigné un conducteur présent sur les lieux.
Pendant de longues minutes, la tension est restée vive, frôlant l’émeute urbaine face à des agents de police restés totalement muets et refusant de s’expliquer sur leurs méthodes.
Un retour au calme précaire
Face à la pression grandissante de la foule en colère, les policiers ont fini par relâcher la tension. Un terrain d’entente informel a été trouvé sur place entre les deux parties pour apaiser les esprits. Le cortège, composé du camion-benne et du pick-up de la CMIS, a ensuite rebroussé chemin en direction d’Enco 5.
Cet incident est symptomatique des tensions chroniques qui rythment la gestion de la circulation routière dans la capitale guinéenne. Entre l’incivisme récurrent de certains transporteurs lourds et les dérives brutales des unités de police, le risque d’embrasement reste permanent. Pour de nombreux observateurs, l’ouverture d’un dialogue direct entre les syndicats de routiers et le ministère de la Sécurité devient une urgence absolue pour pacifier l’espace public.
SOW Telico